Pont de ClaixPont-de-Claix (38)

Description du projet

Avec l'arrivée du tramway A, le nord de Pont-de-Claix devient une porte d'entrée vers le cœur de la métropole. Une nouvelle centralité risquait alors de couper la commune en deux et de rejeter le centre-ville en périphérie. L'étude a donc cherché à faire fonctionner ensemble deux centralités : l'une ouverte sur Grenoble, l'autre sur les territoires du sud. Elle a aussi voulu garder ce qui fait l'ambiance pontoise.

Le socle : une ville posée dans le lit du Drac
Le paysage de Pont-de-Claix est d'abord celui d'une vallée façonnée par le Drac. Avant le XVIIᵉ siècle, la rivière divaguait librement dans la plaine. Elle déplaçait ses bras d'une crue à l'autre et laissait derrière elle des bancs de galets et des terres humides. La ville s'est construite sur ce sol mobile, en tenant la rivière à l'écart. Elle l'a fait une première fois avec la digue Saint-André, construite à partir de 1684, que suit aujourd'hui le cours Saint-André. Elle l'a fait une seconde fois avec l'autoroute A480, qui longe la rivière et la sépare de la ville. En amont, les barrages ont achevé de régler son débit. Le Drac a pourtant fait la richesse de la commune, et les papeteries installées grâce à son eau en gardent la trace.

Canalisé et réglé, le Drac est devenu une rivière qu'on ne voit plus et dont on se tient à distance. Le drame de 1995 a renforcé cette distance : une classe d'enfants a été emportée par une montée brutale des eaux.

Trois parcs pour lire la ville
Le projet de paysage part de ce socle géographique. Il lit Pont-de-Claix comme une ville composée de trois parcs emboîtés.

Le parc des montagnes. Le Vercors, la Chartreuse et Belledonne sont partout présents dans les vues : ils forment le premier parc de la ville, à l'échelle de la vallée. Dans les rues nord-sud, des bosquets de peupliers cadrent déjà les vues vers les massifs ; il faut les conserver et les accompagner. La vallée est aussi exposée aux vents dominants, qui soufflent du nord au sud. Nous avons fait de cette contrainte un support de projet. Le principe est d'installer une grande trame brise-vent d'arbres de haute tige, pensée à l'échelle de la vallée et de la commune. Cette trame protège les rues et les espaces publics, et elle donne à la ville une structure plantée lisible depuis le grand paysage.

Le parc de la rivière. On ne peut pas libérer le Drac, mais on peut faire revenir dans la ville la figure d'une rivière vivante. En 1944, Harold Fisk a cartographié les anciens tracés du Mississippi : ses cartes superposent des siècles de méandres et montrent un fleuve qui n'a jamais cessé de bouger. Les cartes anciennes du Drac racontent la même histoire, celle de bras multiples qui se croisent et se déplacent dans la plaine. Le projet s'en inspire pour dessiner, à l'ouest du cours Saint-André, des ambiances humides et des sols de galets qui rappellent l'ancien lit. À l'est, il installe des ambiances de sous-bois en lien avec le bois de Marcellin et les collines de Belledonne. La gestion des eaux pluviales s'appuie sur les rues et tient compte de la pollution des sols héritée de l'industrie. L'eau redevient ainsi présente et visible dans l'espace public. Les berges du Drac, renforcées et reliées aux quartiers, retrouvent leur place de grand parc de la ville.

Le parc du quotidien. Entre la montagne et la rivière, la commune possède un réseau dense d'espaces de proximité : jardins familiaux le long du canal, promenade Gay-Lussac, parc de la Colombe, parc Borel, squares d'école, cœurs d'îlot plantés. Ce réseau forme un parc à part entière, à condition d'être relié aux deux grands parcs. Les rues est-ouest reçoivent des alignements de pins et d'arbres à fleurs. Sur l'avenue que doit emprunter le tramway, nous avons défendu une ambiance d'avenue jardinée, des arrêts élargis pour devenir de petits espaces publics et une véritable place pour les piétons. Chaque logement doit disposer d'un jardin de proximité à moins de 400 mètres.

La ville composite
La méthode ne part pas d'une table rase. Elle part de l'existant : on garde les arbres en place, on part des lieux de vie (gare, Grands Moulins, pavillon du XIXᵉ siècle, commerces), on mélange les formes et les usages, et on construit au fil des opportunités foncières plutôt qu'îlot par îlot. Les espaces libres doivent pouvoir être appropriés par les habitants.

Spécifications

  • Statut : En cours
  • Maîtrise d’ouvrage : Isère Aménagement / Groupe 38 Ville de Pont-de-Claix
  • Mission : Etude territorial - Plan guide
  • Surface : 60 ha
  • Équipe : PRAXYS paysagiste urbaniste - MG-AU urbaniste mandataire - EODD bet environnement - RR&A BET mobilité et déplacements